J’ai lu quelques bons livres récemment, quelques livres forts. J’ai vécu des choses fortes également.

Et pourtant, pourtant je n’ai rien écrit ici.

Plus l’envie ? Pas vraiment.

Plus le temps ? Peut-être. Pas seulement.

 

J’ai toujours pensé que j’aimerai écrire, un jour, que c’était une des rares choses que sache faire à peu près bien. Qu’un jour me viendrait une idée, un projet. Certains me l’ont dit aussi.

Au fil de mes lectures, particulièrement récemment, je prends conscience d'à quel point les auteurs mettent d’eux-mêmes dans leurs textes. Particulièrement criant dans une  autobiographie, un récit,  c’est cependant évident dans une grande majorité d’ouvrages dits « de fiction ».
C’est également vrai sur Internet. De nombreux blogs que je suis (ou plutôt, suivais, manque de temps oblige) sont superbes, beaux graphiquement et textuellement. Pour certains, je connais, peu ou prou, l’auteur. Pour d’autres seul le support électronique me parle d’eux. Et pourtant, je connais beaucoup de leur vie, de leurs goûts, leurs émotions, leurs plaisirs, leurs loisirs, leurs questions existentielles parfois. Je vibre avec elles/eux, je m’émerveille, m’attendris, m’enthousiasme ou m’émeus, je les admire pour leur talent.

Est-ce que je vieillis ? Ces temps-ci, à travers la Toile comme à travers les romans, je me sens parfois comme « voyeuse ». Pas très grave, du moment que les auteurs ont conscience qu’une partie de leur vie est là, devant les yeux des autres.

Mais moi ?

Moi j’ai envie de partager ces moments, les joies, les peines, les plaisirs de lectures, les expériences de cuisine… Les écrire, savoir que d’autres les lisent, ça fait du bien. Cependant, dans le même temps, exposer mes émotions me rend vulnérable. Je me rends compte que je ne serai jamais écrivain, pas envie de me livrer aux lecteurs, et pas certaine de pouvoir écrire un texte fort sans me livrer un peu…

Et le blog ?

Il est lu par la famille, un peu, par des copinautes, proches ou moins, et puis ?  Pas grand monde, et c’est très bien ainsi. Alors, j’écris pour moi, pour vous ? Ou bien j’arrête, je me retranche sur l’exercice oublié du journal intime pour  m’exprimer ? Restrictif cependant ; et loin de la notion de partage…

Je ne sais trancher, alors…. pointillés !