Il y a des jours où je ne supporte plus mon Deuz.

Enfin, en fait ce sont ses difficultés que je ne supporte plus...
Rien de grave en soi, rien qui se soit aggravé non plus, et quelque part je me dis que je devrais plutôt être contente, étant donné que pour la toute première année, il est content d'aller à l'école...
Sa maîtresse est hyper "cool" et accompagne le rythme du jeune homme, ce qui marche plutôt bien au quotidien. Seulement la même maîtresse nous a aussi dit "pour envisager le CE2, il faudra que la lecture se soit débloquée", ce que j'entends moi comme une belle mise sous pression, pour nous parents.

Ca ne va pas "mal" en fait.

La lecture progresse à petits pas, et quand il ne s'en rend pas compte il est presque fluide.

Le dénombrement, à part de 15 à 18, de 75 à 78 et de 95 à 98, ça roule enfin. Les problèmes, il est champion. Les opérations, il a une méthode "bien à lui" dit la maîtresse, il est lent, mais c'est toujours bon.

Oui, mais.

Le problème justement, ce sont les "mais".

Le fonctionnement atypique : pas grave en soi
mais quand il ne comprend pas, l'explication "classique" ne lui apporte rien, tout est à réinventer.
mais sa logique le ralenti 

La lenteur : pas grave en soi
mais en math c'est sa méthode qui le freine, et demain on lui demandera d'aller plus vite
mais en breton il prend du retard
mais en français il ne démarre pas
mais elle est aussi associée à des blocages nets et définitifs, sur certains sujets, ou simplement certains jours...

Les blocages : pas grave en soi, on peut arriver à les contourner
mais au prix de combien d'effort et d'énergie
mais il n'aura pas toujours des instits prêts à consacrer à un élève un tiers de l'énergie et du temps qu'ils consacrent à l'ensemble des autres
mais il n'aura pas toujours quelqu'un sur sur épaule, sur son dos, pour pousser ou contourner
mais on a l'impression au quotidien de lui faire violence
mais ce n'est pas comme ça que je comptais élever mes enfants

Au final, on y passe un temps fou, parents comme enseignants. L'énergie dépensée est énorme et épuisante, et je ne suis pas du tout en accord avec moi-même sur le plan éducatif. J'ai l'impression de ne pas contribuer à son bonheur, tout en ayant la conscience aigüe que les lacunes creusées aujourd'hui seraient délétères pour demain. 
ras le bol.

Ras le bol de me battre tous les jours ou presque, de cajoler, encourager, crier, menacer, expliquer, désespérer, tenter de ne pas le lui montrer, répéter que nous avons confiance, qu'il en est capable...

Que dire devant un enfant que l'on félicite pour ses progrès rapportés par sa maîtresse, et qui vous hurle : "c'est pas vrai"   ???

Certains jours je désespère un peu.